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Les festivités

Les quatre jeudis-gras



Jusque dans les années 60, les jeudis – gras étaient motif à mascarades ; dès la nuit tombée, hommes et femmes mais principalement la gent féminine se travestissaient et allaient par la ville, faisant halte à chaque débit de boisson pour y taquiner et " lawer " (ironiser) les messieurs qui s'y trouvaient. Souvent, ces dames se regroupaient pour exécuter un " petit rôle " qui consiste à choisir une victime et à lui offrir leurs " services " en tant que coiffeuses, maquilleuses, infirmières... jusqu'à ce que la pauvre victime offre la tournée. Pour conserver à cette pratique tout son sel, il est primordial que les déguisés portent le masque ou soient méconnaissables. Ils ne révéleront leur identité qu'en fin de soirée, s'ils le désirent. A côté de ces " petits rôles ", de nombreuses personnes revêtaient le " domino ", longue tunique noire et le masque, souvent hideux, qui leur assurait l'incognito complet. Des abus ont conduit à l'abandon de cette pratique. 
Ces quatre jeudis-gras sont la survivance d'une ancienne période de relative abondance qui précédait le carême. C’est à ce moment de l’année que les  celliers étaient le mieux garnis, que les activités étaient ralenties par l’hiver, que le temps était propice à la fête et au défoulement. 
De nos jours, ce sont principalement les deuxième et troisième jeudis-gras qui restent les plus animés. Mais pourtant, une volonté existe pour rendre son lustre au premier: outre le cortège d’enfants, en fin d’après-midi, certaines sociétés programment depuis peu leur sortie ce jour-là ; de même, c’est le quatrième jeudi-gras que le Royal Club Wallon organise un grand bal masqué pour enfants jusqu’à 12 ans, qui connaît une affluence considérable.
Une nouvelle tendance est apparue. Si, officiellement, le carnaval ne débute que le samedi, le vendredi soir, à l’issue de sa dernière répétition, l’Echo de la Warche
joue l’hymne officieux du carnaval, la " Marche du Trouv’lê ", composée en 1874 par Olivier Lebierre. 
Cette exécution met véritablement " le feu aux poudres " et lance déjà les festivités, bien que personne n’ait encore le droit de porter le masque à ce moment.  

Les quatre jours du Cwarmê



Le samedi


Après 1850, les sorties des sociétés avaient lieu le samedi déjà, dans le milieu de l’après-midi. « La Malmédienne »  se faisait précéder d’un personnage travesti et parcourait la ville au son d’une marche lente : c’était le « Tour du Trouv’lê ».  Cette pratique est restée presque intacte dans le carnaval contemporain. 
La cérémonie officielle d’ouverture du carnaval est fixée à 15 heures. 
Au cours de sa « passation des pouvoirs » au « Trouv’lê », le Bourgmestre proclame l’ouverture officielle du Cwarmê en un discours versifié en wallon ; le « Trouv’lê » lui répond de la même manière. 
Dans l’après-midi, un cortège réunit les sociétés.  Accompagnant le «Trouv’lê », une douzaine de « Sotês », la « Grosse Police » et deux « Djoupsènes » marchent en tête de cette première sortie. 
Les sorties individuelles des deux sociétés de musique, à savoir la « Royale Écho de la  Warche » et la « Royale Fraternité », seront identiques à celle des jours suivants  tandis que les deux chorales présenteront chacune un cortège humoristique.

Carnaval de Malmedy - Ouverture officielle from Malmedy on Vimeo.


 

Le dimanche

 
Dans la seconde moitié du 19e siècle, la tradition orale raconte que des travestis crasseux et déguenillés déambulaient dans les rues le dimanche matin, faisant grand  bruit au moyen d’instruments les plus divers, comme par exemple de vieilles casseroles. 
La malpropreté des participants fit qualifier ces sorties de « mâssîs-toûrs »  (sales tours). Ces manifestations furent évidemment vite défendues et remplacées, vers 1889, par les tours de ville des différentes sociétés masquées. Les « mâssîs-toûrs »  actuels n’ont plus rien de sale ; ce sont de joyeuses débandades de travestis qui sortent le lundi et mardi. 
Le dimanche voit donc actuellement un grand cortège («   lu toûr du parâde ») composé des sociétés et de leurs suites travesties. Il rassemble bien plus de 2000 participants, mais il est très difficile de chiffrer les hordes  innombrables de masques traditionnels. Immédiatement après ce tour débutent les «bânes-corantes» (bandes courantes). Le cortège se disloque et les travestis, dont ces  célèbres masques traditionnels, suivant ou non un corps de musique, vont faire participer le public en le taquinant gentiment. Ces « bânes corantes », joyeux désordre  généralisé, constituent l’originalité toute particulière du carnaval de rues malmédien, bien distinct en cela de la stricte parade. Cette organisation du dimanche remonte  à la fin du 19ème siècle.

Carnaval de Malmedy - L'ambiance from Malmedy on Vimeo.


Le lundi

 
Selon le rite de l’authentique théâtre de rue, les sociétés locales montent des scènes ambulantes et, après avoir parcouru la ville pour exhiber les acteurs, font halte à certaines places pour y donner leurs représentations appelées « roles » (rôles).
Ces « roles » sont des pièces satiriques  écrites en vers et en wallon, entrecoupées de nombreuses chansons à couplets relatant les événements et menus faits cocasses survenus aux Malmédiens durant l’année écoulée. 
Ces « roles » nécessitent un énorme travail d’écriture et de répétitions, qu’on imagine rarement ennuyeuses. On y voit en général évoluer une vingtaine d’acteurs.  Actuellement, ce sont les deux chorales d’hommes, la « Royale Union Wallonne » et la « Royale Malmédienne » qui exécutent ces « roles » mais auparavant, les deux sociétés  de musique y participaient également. Relevons que la plupart des chansons à succès du carnaval sont des compositions écrites à l’occasion des « roles ».
 

Le mardi-gras  

 
Les « mâssîs-toûrs » se produisirent durant quelques années à la fin du siècle dernier et jusque vers 1920 mais ils n’étaient pas toujours appréciés. Les mœurs se sont  policées petit à petit ; actuellement, les sociétés et l’une ou l’autre « bâne » de quartier [1] font une sortie individuelle l’après-midi, les deux chorales ayant opté  depuis les années soixante pour un thème revenant d’année en année. La « Royale Malmédienne » fait sortir ses « Ardennais et Ardennaises » et la « Royale Union Wallonne »  présente la « Noce 1900 au village ». Les costumes sont très beaux et les farandoles offrent un spectacle élégant et agréable. 
Jusqu’en 1891, le carnaval se terminait le  mercredi des cendres par un « brûlage de l’os », interdit par le clergé dès 1892. Les Malmédiens réinstaurèrent le « brûlage de la Haguète » en 1954, le mardi-gras au soir.  Toutes les sociétés et leurs suites, toute la population sont rassemblées sur la Place Albert Ier (so l’ Martchî) pour voir brûler le personnage de la Haguète au sommet d’un  énorme brasier, symbole de la fin des festivités.
 
 [1]               certaines bânes sortent même le lundi.
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